Happy Gandhi

Happy Gandhi

mercredi 22 août 2012

Notre histoire et notre rencontre.

J'ai rencontré pour la première fois des galgos et podencos venus d'Espagne il y a une dizaine d'années environ. J'avais à l'époque, des amis qui étaient éducateurs canins, éleveurs et qui tenaient une pension qu'ils mettaient quelques jours à disposition d'une association qui s'occupait de remonter des lévriers espagnols, le temps que les chiens se posent un peu et bénéficient d'une visite vétérinaire avant de rejoindre leurs familles. J'avais alors été profondément touchée par tous ces regards tantôt désespérés, tantôt terrorisés, mais toujours remplis d'une émotion et d'une intensité presque humaine. Cette expression là qui semble vous dire: "j'ai vraiment souffert tu sais, aime moi s'il te plaît, c'est tout ce que je vais te demander.....". Je leur faisais, à l'époque, faire de petites promenades toujours en laisse et je leur prodiguais caresses et câlins, et déjà, de premiers liens très forts se nouaient.
Et puis les années ont passé, sans que je ne puisse oublier ces lévriers et tout ce qu'ils m'avaient déjà appris sur eux, sur leur terrible histoire. 
Le temps est passé, mon mode de vie a changé (j'ai quitté la campagne pour retourner en ville), mon activité professionnelle aussi (d'éleveur canin, je suis devenue éducateur sportif), j'ai eu mon petit garçon et mes chiens et mes chats sont partis, les uns après les autres, générant toujours ce sentiment de tristesse infinie, chacun laissant un vide impossible à combler.Et bien que fermement décidé à quitter le monde de la cynophilie française dans le sens le plus large du terme, l'ancienne éleveuse-amatrice que je suis ne peut s'empêcher de toujours faire de nouvelles recherches sur nos amis les canidés, sans cesse à la recherche de nouvelles infos via divers sites internet et autres revues spécialisées, sur le comportement, le métabolisme, l'histoire et les spécificités de toutes ces races que nous offre le monde canin. Et c'est comme cela que je suis retombée sur divers sites de nombreuses associations françaises traitant de l'énorme problème des conditions de vie, de détention et de mort (surtout!!!!!!) des chiens espagnols. Tous ces regards et les souvenirs que j'avais eu au contact de ces lévriers me sont alors revenus et il m'est apparu comme une évidence que je ne resterai pas inactive face à cette atroce injustice. J'ai donc commencé à diffuser les informations que j'avais en ma possession, comme je le pouvais,oralement et via facebook, auprès de mes amis et de mes connaissances internet plus éloignés. Puis, j'ai contacté par téléphone, une déléguée régionale de l'association Lévriers Du Sud, Christine, pour en savoir plus sur la réalité des chiens là bas, mais aussi pour me présenter et discuter de mes conditions de vie, pour prendre son avis sur une éventuelle compatibilité entre mon foyer et l'accueil d'un lévrier espagnol. Nous avons longuement parlé, elle m'a bien renseignée et ma décision était prise: j'allais accueillir un chien de là bas pour lui offrir sa chance de VIVRE enfin... Un mâle, une femelle, un grand, un petit, un malade, un moche, un maigre,un cabossé, un corniaud....peu m'importait, il fallait juste qu'il soit ok chats et pas trop traumatisé car je vis en pleine ville et le quotidien n'est pas toujours très calme quand on a une petite terreur de trois ans à surveiller comme le lait sur le feu ;-). 
En parcourant le site, j'ai tout de suite craqué sur la fiche de Rober, ce grand mâle bringé, qui attendait en refuge depuis un an déjà. Rober était un invisible car il était né mâle et avait beaucoup grandi....Ce qui m'a beaucoup marqué sur les photos, c'est son regard, empreint d'une infinie tristesse et plein de cette douceur propre aux regards des lévriers. Son corps maigrissime, son sauvetage in-extremis du gazage de la perrera de Linarès (il avait été trouvé, errant, livré à lui même,dénutri et malade,et avait été conduit en perrera) son érlichiose dont il était sorti grâce au traitement en parti financé par les parrainages français et puis ce que les bénévoles français et espagnols disaient de lui: c'était un grand tendre, tout en délicatesse et en câlins, pas traumatisé par les stigmates de son passé....... il n'en fallut pas plus à mon petit coeur pour qu'il ne chavire brutalement et.......totalement!!!!!!  J'ai donc parlé de mes intentions à tout le monde, y compris à Yummy, la chihuahua, qui était, elle, évidemment ok pour accueillir un copain, avis partagé après un conciliabule auprès des greffiers bien sûr ;-). Quelques discussions plus tard avec la présidente de Lévriers Du Sud, mon formulaire de demande d'adoption téléchargé, rempli et posté depuis mon lieu de travail (oooop's, pas très professionnel  tout ça!!!!), la confirmation de Maryline qui m'apprend que l'asso est ok pour me confier Rober, la joie qui éclate et l'attente..........interminable. En effet, l'arrivée de Rober et de ses compagnons de galère a été repoussée à maintes reprises à cause de l'impossibilité des transporteurs de voyager: les conditions climatiques étant trop rudes à cette période là de l'hiver et la neige empêchant toute circulation.... 
Et c'est durant cette attente que Rober et devenu Gandhi. Il lui fallait un nom qui lui rende tout ce dont il avait été privé en Espagne et c'est la sagesse qui ressortait de ses photos qui m'a inspiré son nom. Il fallait un grand nom à ce grand chien... Je lui ai également aménagé un intérieur douillet, avec une panière confortable, deux grandes gamelles et leurs réhausseurs histoire qu'il n'ait pas à se courber pour manger et pour boire, un sac de croquettes de très bonne qualité pour qu'il commence à combler les carences qu'il avait eu durant toutes ces années, et, l'essentiel: un collier, un harnais, deux laisses et deux médailles: il serait enfin, et jusqu'à la fin de sa vie, sous la protection physique et morale de quelqu'un qui lui rendrait sa place et sa condition de "chien de famille".Et c'est durant ces semaines, passées à l'attendre et à penser bien souvent à lui, que Gandhi et devenu, sans vraiment le savoir MON chien. Même si je crois qu'au fond de lui, une petite partie de son âme avait peut-être perçu tous les messages psychiques ou télépathiques que je lui envoyais alors un peu tous les jours. Du genre "patiente encore un peu mon toutou, bientôt tu embarqueras pour ta nouvelle vie....". Pour preuve, l'attitude tout de suite amicale qu'il a eu à notre égard, quand il nous a vu la première fois, mon compagnon et moi même, comme s'il nous avait reconnus....
Allez, je me prends à rêver, sans doutes, avec mes histoires de télépathie et de reconnaissance à distance ;-). Ce que je sais en revanche, c'est que ce 21 février 2012 allait marquer le début d'une belle histoire de complicité et de confiance réciproque que je vous raconterai plus tard....  










2 commentaires:

  1. Magnifique description, toutes vos qualités transparaissent !!! au fait, vos greffiers sont de toute beauté !!

    Petite anecdote : mon avenir avec Perla s'est scellé le .... 21 janvier 2012, un mois jour pour jour avant votre rencontre "physique" avec Gandhi

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